Le Rucher de la Mouline

18 juillet 2018

2018 : de belles surprises gustatives !

Malgré une floraison extraordinaire d’avril à mai en 2018, sur les pommiers, pruniers, merisiers ainsi que sur quelques poiriers sauvages, les butineuses, qui ne vivent qu’une dizaine de jours, se sont servies du nectar des fleurs d’acacias se trouvant à plus de deux kilomètres de mon rucher.

Le paradoxe : les terres où sont implantées mes ruches (13 hectares) bénéficient d’un plan de gestion forestier écologique supervisé par WWF où n’apparait pas d’acacia.

L’apiculteur ne peut donc décider «des voyages » des abeilles. Chaque récolte reste donc une surprise. A moins d’installer les ruches au milieu d’un champ de lavande ou de tilleul de 10 hectares, on ne peut déterminer à l’avance ce que les abeilles vont récolter. A chaque saison, elles se dirigent toujours vers la source de nectar la plus abondante et la plus favorable pour la colonie, cela dans un rayon qui peut atteindre 5 kilomètres.

La seconde collecte a eu lieu sur les érables sycomores  et champêtres, ainsi que sur les fleurs de pruniers sauvages, des sauvageons qui poussent en bosquet.

La récolte du printemps 2018 s’est faite en deux temps : avril et mai ensuite

Le miel d’acacia (faux robinier) : doux et finement parfumé.
Le miel de lisières avec les merisiers, les érables et les pruniers (haies sauvages) affichent des  parfums de fruits à noyaux, de cerises.

De couleurs légèrement différentes, l’acacia a une couleur lumineuse, jaune paille et une fluidité qui lui est bien caractéristique, le miel de haies sauvages est joliment doré avec une transparence remarquable.

Aussitôt la récolte terminée, les hausses ont été reposées sur les ruches. Les abeilles se sont ruées sur les fleurs de ronces, puis sur celles des châtaigniers. Aujourd’hui,  tout mon matériel est  utilisé sur les ruches.

En cette mi-juillet, certaines ruches ont déjà 4 hausses et d’autres, celles des jeunes abeilles de mai, ont une hausse avec des cadres à étirer. Trois ruches de mes jeunes ruches d’avril possèdent déjà  2 hausses, ce qui est exceptionnel. (Pour information : les abeilles consomment environ 1kg de miel pour cirer et étirer les alvéoles sur un cadre de miel).

 

RUCHE 3

RUCHE 1RUCHE 2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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04 juillet 2018

Essaimages et captures

L'essaimage est le moyen qu'on les abeilles de conquérir de nouveaux territoire à des fin de survie de l'espèce, nouveau lieu et brassage génétique pour fécondation de la jeune reine  Il a lieu au printemps presque toujours  entre midi et 16 heures, les jours de beau soleil. Ses causes en sont multiples et tout part d’un manque. Le manque de place au sein de la ruche, le manque de phéromones de la reine,  le manque de ressource autour de la ruche,  le manque de salubrité dans la ruche, le manque de stabilité de l’espèce d’abeille… etc. c’est une grosse perte pour l’apiculteur car les essaims sont composés de plus de la moitié des abeilles de la ruche, chargées dans leur jabot de 3 miels pour 3 jours d’autonomie. L’idéal c’est de les capturer des leurs sorties des ruches.

Souvent posés sur des branches, les abeilles essaimeuses se regroupent  a proximité du rucher, sur une branche plus ou moins haute. L’apiculteur n’a que quelque minute pour cueillir l’essaim en partance pour son nouveau lieu qui a déjà choisi.

Cette année plusieurs essaims se sont posés à proximité de mon rucher.

Deux techniques s’imposent.

Un  balayage délicat de la branche avec une brosse à abeilles

 

Une capture dans un sac, un attrape essaim quand l’essaim est haut et en forme de poire.

Dans tous les cas, il faut laisser la ruchette de capture  fermée sous l’arbre  mais avec juste une petite ouverture afin que la totalité des abeilles rejoigne la reine.

ESSAIMAGE SOUS CHATAIGNIER

RUCHETTE ESSAIM ABEILLE REJOIGNAT LA REINE

UN NOUVEAU STYLE DE TENUE APICOLE

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18 mars 2018

L'esprit du Printemps

Des jours se sont écoulés avec notre hiver assez rude, de - 9 à - 12° C, pendant les épisodes de neige, les coups de froids sibériens, les tempêtes et que d’eau, que d’eau ! 

Pourtant les  signes annonciateurs du printemps sont passés depuis début février : les premières sorties des abeilles, le passage des grues… le vol nuptial de la bondrée apicole, les premières pâquerettes et les premiers papillons !

 

Remontée des grues vers le nord passant au dessus du rucher 2018Le retour de la bondrée apicolevol caracteristique de la bondrée

Dans les jours à venir, un courant froid venant  de Russie va faire chuter les températures. Son effet direct  sera de ralentir la végétation qui a déjà un mois d’avance. Sinon, bourgeons et fleurs risquent de geler comme en 2017, ce qui peut se révéler catastrophique, pour la production de miel. En outre, sans pollinisation, il n’y aura aucun fruit. 80% des cultures à travers le monde sont dépendantes de l'activité des insectes pour la pollinisation, au premier rang desquels les abeilles. 

Ces jours ci, les abeilles butinent les pollens sur les noisetiers et sur les buis. Ces derniers sont normalement en fleurs mi-avril ! Pour l’instant, je ne peux pas dire entre saule, pissenlit, merisier, prunier sauvage… ce que les butineuses vont récolter comme nectars lors des premières grandes floraisons.

 

 

 abeille cherchant du pollen de buisabeille italienne recoltant le pollen du buisPetite espèce d'abeille sauvage

 

Quoiqu’il en soit, les abeilles n’ont pas attendu l’homme ou l’apiculteur pour passer des caps difficiles. Au delà la survie, mes colonies se révèlent être en forme, cherchant la moindre opportunité pour récolter pollens et nectars. Leurs très belles réserves d’automne leurs ont permis d’avoir assez  de nourriture et de pollens pour commencer leurs croissances printanières.

 

cargaison de pollen

 

 

 

En avril et en mai, en accord avec la météo, de nouvelles ruches seront crées par division et par nucléi, de nombreuses colonies ayant des reines (trop) âgées de 4 ans, ce qui est, aujourd’hui, exceptionnel.

 

Chaque reine  donne  les « motivations » aux ouvrières grâce aux phéromones qu’elles émettent.  Les vielles reines furent moins dynamiques l’an dernier, aussi bien en ce qui concerne le développement que la production. La durée de vie d’une reine est, normalement, de deux ans et demi, jusqu’à leur essaimage. Hélas, la plupart des apiculteurs, petits ou grands, les tuent au bout d’un an pour aussi avoir une meilleure production et afin d’éviter l’essaimage naturel.  Ceci montre qu’un management complètement industriel est aussi pratiqué dans l’apiculture française. 

Je ne cautionne ni ne partage ces méthodes destructrices. En effet, supprimer les vielles reines perturbe beaucoup les colonies orphelines. De plus,  à moyen terme, ce régicide ne permet pas de générer, au fur et à mesure des générations qui se succèdent, une espèce d’abeille endemique c'est à dire parfaitement adaptée à environnement qu’elle fréquente.

Ce genre de gestion comptable des colonies est très repandu en apiculture. Nous avons de moins en moins de contact avec la nature. Nous allons vers un monde de plus en plus mécanisé, robotisé et  « logarithmé »  créé par des personnes qui n’ont, de leur vie, jamais vu une abeille posée sur une fleur sauvage.  L’intervention directe de l’homme s’amenuise de plus en plus. Les abeilles robots sont en test depuis 2014 à l’université d’Harvard !

http://www.lefigaro.fr/secteur/high-tech/2014/08/04/01007-20140804ARTFIG00133-ces-robots-qui-pourraient-remplacer-les-abeilles.php

Les pouvoirs, les lobbies sont favorables aux robots car ils ne craignent ni les pesticides, ni les destructeurs  de néonicotinoïdes ! Bref, une honte pour la nature et pour l’homme.  Quand nous pensons que «  l’art du pizzaïolo », que « l’art de  la  gastronomie  française » (quand on voit ce que l’on « mal bouffe » dans les restaurants, MDR !)  sont inscrits au patrimoine de l’Unesco. Et à coté ce ça, en s’intéressant à l’apiculture… le GIEG de la biodiversité fait une tambouille administrative de rapports en rapports, qui apportent des infos que l’on sait déjà depuis plus de 10 ans !

Le déclin « catastrophique », des oiseaux d’un tiers en quinze ans, est aussi largement dû aux pratiques agricoles, selon les études du CNRS et du Muséum d’histoire naturelle. Idem pour les insectes avec des pertes de 70 à 80%. Ce n'est pas un problème d'agriculteur mais de modèle agricole qui est en train de nous nuire.

http://www.lemonde.fr/biodiversite/article/2018/03/20/les-oiseaux-disparaissent-des-campagnes-francaises-a-une-vitesse-vertigineuse_5273420_1652692.html

Les abeilles permettent la vie de l'Homme et, en 2018, rien n’a changé : la chimie agricole est toujours autorisée.

Mais, restons optimiste !  Certains lieux, comme La Mouline, avec une biodiversité exceptionnelle sont encore épargnés par les pollutions irréversibles.

20 novembre 2017

Changement de saison : changement d'abeilles !

Les abeilles s’inspirent des cycles de la nature. Les abeilles d’hiver sont en train de naître.  La vie de la ruche leur sera confiée. La population de la ruche est en chute libre, moins de 30000 abeilles depuis fin aout.  Ensuite pendant 5 mois, les abeilles d’hiver seront 25000 à 30 000. L’hiver peut être doux sans vraiment de coupure de saison mais aussi, il peut y avoir de longues périodes de neige apportant de l'humidifié intense.  Cette derniere est souvent fatale pour la colonie.

 

Les provisions de miels sont à surveiller ainsi que traces éventuelles de problèmes qui peuvent se voir sur la planche d'envol. Le comportement des abeilles s’interprète grâce à l’observation des ouvrières à l'entrée de la ruche. Le frelon asiatique est encore présent à cette période. Les ruches doivent rester actives afin de se défendre de ce fléau.Tel un hélicoptère, il intercepte en deux secondes une abeille qui s’apprête à rejoindre la colonie. 

Dans les colonies d'abeilles, le frelon européen fait autant de mal que le frelon asiatique..

 

  

Abeilles qui defendent l'entrée de la ruche/ frelons

 

lutte des abeille contre le frelon asiatique

Coucher de soleil hivernal au rucher

En début d'hier les abeilles sortent peu

Un rayon de soleil et les abeilles sont sur la planche d'envol

Les derniers pollens

En 2017, les abeilles ont produit les meilleures qualités de miels  depuis la création du rucher. La dernière récolte le prouve avec un miellat produit en petite quantité en octobre, principalement de châtaignier, au parfum et à la saveur presque exotique !  

 

 

 

 

Givre sur les chènes

Sous la neige, une rose tremeire

Ruche en hiver

Les ruches sous la neige

A proximité du rucher, un chène de 270 ans

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09 juillet 2017

Voila l'été, voilà l'été ! ! Simplement, de très grands miels en perspective seront à déguster à l'automne.

L’été est bien là.  La canicule, les orages avec les variations de température  vont accélérer les miellées. La qualité est au rendez vous ! Les gouts et parfums  sont bien  présents ! Ronce, châtaigniers, fleurs de haie avec le chèvrefeuille, certainement du miellat de chêne et peut être, plus tard le miellat de châtaignier. La majorité des ruches en production ont 4 hausses de réserve.
 

 

deux ruches en production et une ruche de l'annéeune ruche 12cadres, 90 000 d'abeilles noires locales, idéale pour butiner le châtaignier

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De nouvelles abeilles sont arrivées naturellement.  L'espèce : Apis mellifera ligustica, l'abeille italienne.  Telle une Ferrari, la colonie demande beaucoup de mises au point. Beaucoup plus sélective que l’abeille noire, à cause de sa langue plus longue de 2 mm,  idéale pour la gelée royale, elle demande la même attention que la mécanique d'une voiture de course. Performante pour certaines miellées,  résitante au varroa, productive même si la colonie consomme beaucoup de nourriture. Elle n'a pas l'instinct d'économie, de provisionner pour l'hiver : elle est dans la rapidité et la performance.

Essaim abeilles italiennes sur la voitureL’abeille italienne est la plus répandue au monde. Spécialiste de la pollinisation, idéale pour butiner sur des fleurs profondes (acacia/faux robinier), elle est strictement protégée en Italie avec l’interdiction d’implanter des espèces autres que l’abeille autochtone, cela sur tout le territoire, iles comprises.

 

 

Mon espèce locale d'abeille, un mix ( italo buckfast carnolienne et abeille noire)abeille italienne de couleur orange jauneJe ne sais pas d’où vient cet essaim qui est arrivé directement dans une ruchette que j’avais surélevée sur une de mes voitures. Un essaim peut faire lors de sa migration plus de 5 km si la reine a bien sûr les capacités de voler.

Pour l’instant, cette colonie se comporte à merveille.

La capacité de l'abeille italienne réside dans l'aptitude de collecter les nectars dans les fleurs les profondes telles celles du faux robinier, l'accacia, de la luzèrne...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ci-dessous, de profil, une abeille italienne avec sa langue de 6 mm.

Morphologie de l' abeille italienne avec sa langue de 6 mm


30 juin 2017

La chaleur et le pouvoir des fleurs !

QUE CALOR !  FLOWER POWER… MAIS, POUR LONGTEMPS ? et maintenant la pluie, le froid, le vent, l'orage.

 

Flower Power !  Un des  slogans utilisé par les hippies en 60 et  70.  Le F. P est arrivé avec le  Summer of Love de 1967, un rassemblement à San Francisco durant lequel les hippies avaient pour consigne de porter des fleurs dans les cheveux et de les distribuer autour d'eux. Ils devinrent alors les « Flower Child » (« enfants de la fleur ») pour les médias.

abeille sur serpolet

Puis l’ère du « peace and love »   a pris le dessus dans les manifestations où les actes comme offrir une fleur à un agent de police, prirent assez vite le chemin du marketing, notamment celui pour des technologies : Apple iMac G3 nommé « Flower Power » en raison de son boîtier blanc à fleurs colorées.

L’abeille succombe aussi au marketing mais sans le savoir. Tel un consommateur qui doit nourrir sa famille de 60000 frères et sœurs, dès que la chaleur s’installe avec 26 à 36 degrés la journée et 16 la nuit, les butineuses se ruent vers le supermarché de fleurs le plus proche où le nectar abonde.

 fleurs des champs

L’abeille est attirée par les fleurs et ne peut résister à certaines. La colonie d’abeille détermine ses choix en fonction des besoins nécessaire à la survie de la ruche voire de l’espèce. Dès les toutes premières senteurs, les alvéoles sont préparées pour la récolte.

 Pourquoi vont-elles butiner sur le pissenlit, le merisier, la ronce ou  le châtaignier alors qu’à coté, elles pourraient se poser sur le trèfle blanc ou le tilleul ? Une sorte de manipulation olfactive s’opère. Le pouvoir des fleurs vient certes de leur beauté ou de leur étrangeté en matière de formes mais, essentiellement du flux ensorceleur qu'elles diffusent dans l’unique but de se reproduire.

le chataignier, le roi de la foretchataignier en fleurs

 

 

 

 

 

 

 

 

                  

              

Le roi des arbres, le châtaignier en fleurs au parfum enivrant.

 

Le caractère immobile de la fleur a développé avec ingéniosité des parfums, des effluves, plus ou moins intenses afin d'attirer les pollinisateurs. Certaines molécules odorantes peuvent être détectées par les abeilles à plusieurs kilomètres à la ronde. De nombreux insectes polinisateurs sont aussi réceptifs. Les abeilles en éclaireuses mémorisent  les lieux, puis, apportent à la colonie et à sa reine une gamme d'échantillons des nectars potentiels. Arrive le moment de la dégustation. Un ou plusieurs choix sont faits en fonction des ressources et de la morphologie des races d'abeilles. En effet, certaines abeilles ont une langue plus longue et peuvent accéder au nectar des fleurs plus "profondes" (abeille italienne sur l'acacia). Le balais des butineuses commence du lever au coucher du soleil. Mes ruches les plus dynamiques sont orientées soleil couchant. Elles emmagasinent un tiers de provisions de plus.

 

Chatons de chataignierAbeille noire sur fleur de ronce

D’autre part, ici, j’ai remarqué que si la récolte des nectars arrive lors une année sans variation climatique majeure, le choix des abeilles est concentré sur le nectar le plus abondant et  le proche des ruches. Cela donne sur le plan des saveurs un miel assez typé avec l’arome exclusif de la fleur butinée.   

 

Des années difficiles comme 2016 (la pluie continue au printemps),  je pense aussi comme 2017 (un début de printemps radieux puis des gelées inattendues qui ont détruit les fleurs  et actuellement une canicule, puis des pluies orageuses) offrent une palette aromatique très riche. Pour pallier au manque de fleurs, les colonies d’abeilles font plus de sélections et de kilomètres afin de rechercher d’autres sources de nectars.

la foudre qui tombe dans le boisOrage arrivant dans la vallée à coté du rucher

yen

Ma première récolte 2017 confirme cette hypothèse avec la présence de 3 miels différents sur les couleurs et les saveurs, du plus fleuri (pissenlit) au plus complexe (chêne, hêtre, merisier et un peu de ronce).

 

 

rayon de miel de pissenlitPetite

Depuis 9 ans que je récolte le miel au même endroit, les parfums du printemps sont différents chaque année. En photo, l'extraction du miel de pissenlit. Le pissenlit (Taraxacum) est une plante commune connue de tous. Son miel l’est beaucoup moins et il ne laisse pas indifférents ceux qui le connaissent. La plante, très nectarifère, est visitée tant pour le miel que pour le pollen mais, durant sa floraison surtout printanière, cette plante est souvent en compétition avec d’autres espèces plus nombreuses ou plus nectarifères, ce qui fait que dans bien des cas le pissenlit est délaissé. C’est une des raisons pour laquelle les miels monofloraux de pissenlit sont, en pratique, souvent des miels de montagne.

miel de pissenlit

Le rucher n’est qu’à 13km de la moyenne montagne limousine. Produit par des apiculteurs avertis, ce miel rare est l'un des plus originaux. Il a une couleur jaune vif ambrée, un parfum fleuri et un gout printanier puissant. Il reste liquide jusqu’à une cristallisation fine. Il est très minéralisé et a de grandes qualités diurétiques. En bouche, il procure des sensations exceptionnelles de nature et de printemps.

10 mai 2017

Senior Météo.... c'est frigo !

neige le 26 avrilLe 26 avril dernier, il y a eu une tempête de neige au rucher situé à environ 440 mètres d’altitude. Les températures  sont passées de 22 degrés C., quelques jours avant,  à 3 degrés. La nature en générale en a subi de lourdes conséquences.  Les fleurs, le nectar et les abeilles en particulier ont stoppé momentanément ou définitivement leur cycle de développement.  Les gelées des jours suivants ont porté le glas sur les fleurs de merisiers, cerisiers et autres fruitiers précoces. Le printemps avait un mois d’avance…. Maintenant, il a un mois de retard par rapport aux moyennes de saisonnalité. Dès qu’il y a une variation climatologique, une colonie d’abeilles active ses alertes. Pour leur survie, les abeilles préparent leur départ vers de nouveaux horizons plus ensoleillés. La  fièvre de l’essaimage peut commencer. Un essaim qui quitte une ruche peut s’établir à quelques centaines de mètres ou à plus de 5 kilomètres de son lieu d’origine. Cela dépend beaucoup de la capacité de la reine à voler.

L'idéal pour ouvrir une ruche, pour récolter ou pour diviser une colonie,  c'est de regarder son baromêtre afin de voir si la pression athmosphérique monte. SI tel est le cas, l'opération est rendue favorable car les abeilles sont beaucoup  moins irritables. Si la pression baisse voire chute, cela peut tourner à la catastrophe.

L’intérêt pour l’apiculteur est de calmer cette fièvre en divisant ses ruches si les réserves de miel et de pollen le permettent. Chaque ruche en production avait en moyenne déjà 18 kg de réserve ce qui est énorme pour un mois d’avril (les hausses furent posées le 23 mars). De nouvelles ruches sont donc en création… Work in Progress !

Bien des dictons populaires recommandent d'attendre que les "Saints de glace" soient passés pour repiquer les plants en pleine terre. C'est la même prudence dont on doit tenir compte en apiculture.  Les saints de Glace sont les jours de la St Mamert (11 mai), St Pancrace (12 mai) et St Servais (13 mai).

 "Quand la saint Urbain est passée, le vigneron est rassuré" et "Mamert, Pancrace, Boniface sont les trois saints de glaces, mais saint Urbain les tient tous dans sa main." C'est le 25 mai !

Une baisse de la température pouvant amener une période de gel peut encore être observée jusqu'au 25 mai.... Alors, patience !

Dictons relatifs aux Saints de Glace

Attention, le premier des saints de glace, souvent tu en gardes la trace

Avant Saint-Servais, point d’été, après Saint-Servais, plus de gelée.

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10 avril 2017

Les premières fleurs d'hiver et du printemps offrent nourriture et arômes.

ABEILLE SUR FLEURS DE BRUYEREAu rucher debut Mars 2017

Au printemps, il y a pas mal de sources mellifères riches en nectars. Le rôle de l'apiculteur est de choisir le meilleur moment pour poser les hausses, c'est à dire, les réserves que vont remplir les abeilles.

La nature s’éveille. La température est encore basse mais, des indices guident l’apiculteur à appréhender la première récolte que vont faire les abeilles. Les hausses ont été posées sur le dessus des ruches le 23 mars. Il y a les premières fleurs comme celles du  pissenlit, de l’épine noire, du saule marsault et de la bruyère. Elles annoncent le développement des colonies d’abeilles.   Dès février, les bruyères blanches apportent pollens et nectars de grandes qualités à une période de l'année où les fleurs sont rares . Avec seulement une temperature de  11 degrés C., les abeilles butinent. Ce nectar apportera des parfums délicats qui donneront avec celui des ronces un goût remarquable au miel.   Le 15 avril, une seconde hausse est posée sur la plupart des ruches. Cette année, les parfums printaniers seront merveilleux grâce aux conditions climatiques fraîches mais très ensoillées.

 

 

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EN 2017, est-ce-que le Limousin va ENCORE battre les records de chaleurs en France ?

Le réchauffement climatique menace t'il les abeilles, leurs survies, les miellées, la pollinisation, la biodiversité... ?

Le Limousin a été la région la plus chaude de France en 2016. Au rucher, il y a eu des jours à 43 degrés et des nuits à 27 degrés, cela pendant presque 3 semaines, et pas de pluie.

Ce mois de mars 2017 a battu les records de chaleur jamais enregistrés depuis l'an 1900.

Les stress thermiques résultants du réchauffement climatique ont une influence considérable sur les montées de nectars dans les fleurs. De plus, si l'écart thermique est fort entre la nuit et le jour, s'il n'y a pas de pluie, les arbres se "mettent en sécurité" et perdent leurs feuilles, comme à l'automne. Preuve aussi du dérèglement climatique, l'hiver dernier, j'ai aussi vu des châtaigniers en fleurs.

Les dangers des vagues de chaleur et de sécheresse mais aussi de l’intensité des précipitations printanières comme en 2016.

Les évènements climatiques extrêmes de plus en plus fréquents, comme des pluies sans interruption  tel en avril mai 2016 ou des vagues de chaleur  suivies par les sécheresses comme l’été 2016,  pourraient avoir d’importantes conséquences sur la survie de certains organismes. Les insectes sont particulièrement concernés.

J’ai remarqué que le développement des colonies d’abeilles est de plus en plus précoce, cela dès la fin janvier, malgré des températures faibles. En Février 2017, l’activité des abeilles s’est révélée intense dès les premiers pollens (lierres, noisetiers, bruyères…).

L’abeille ne vole pas par plaisir. La biodiversité des essences montre son utilité. Ici, l'environnement plus de 60 essences autochtones,  nectarifères ou mellifères, sont présentes. 10 sont en pleine floraison au printemps, des bruyères, pissenlits jusqu'aux chènes.

Abeille butinant une fleur de pissenlit

Abeille butinant une fleur de pissenlit

 

 

 

 

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19 juillet 2016

LA RONCE ou le bonheur de la nature.

Chaque apiculteur devrait avoir un roncier à proximité de son rucher. Que des avantages et aucun entretien !

De fleurs en fleurs

Richesse apicole de la ronce avec pollen et nectar

Détruite par les agriculteurs à grand coup de débroussaillant puissant, la ronce devrait être protégée car il y en a de moins en moins. La ronce colonise avec vigueur les terrains à l'abandon, surtout après des coupes forestières, mais aussi le long des rivières sans entretien. C'est la seconde année que la floraison a lieu. Avec le printemps pluvieux et froid que l'on a eu, entre deux éclaircies, le nectar de ronce récolté a surtout aidé les colonies à  se développer.

Pour faire du miel de ronce, il faut quand même des hectares de ronciers, ce qui est le cas à la Mouline.C'est un très beau miel mais hélas assez rare. Son odeur rappelle celle des sous-bois chauds et humides. Son goût délicat est soutenu par des accents onctueux de caramel qui se prolongent en bouche.

 

 

 

 

abeille sur lavande officinaleabeille sur fleurs de tilleul baronnies

 

 

Mi juillet 2016, les effluves enivrants d'un parfum capiteux se rependent dans la nature. Voici maintenant le moment où les abeilles butinent sur les fleurs d'un tilleul exceptionnel, un tilleul des Baronnies (à 800 mètres des ruches), des lavandes et surtout les fleurs de châtaigniers, avec une qualité odorante encore plus enivrante. Avec des matins frais et des journées caniculaires, les fleurs sont riches en pollen et nectar.

  Fleurs mâles et femelles du châtaignier - Un jeune chevreuil sous un châtaignier

Colonie créée fin mai 2016, fleurs de châtaigniers et futures bogues

Un chevreuil sous un châtaignier

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