QUE CALOR !  FLOWER POWER… MAIS, POUR LONGTEMPS ? et maintenant la pluie, le froid, le vent, l'orage.

 

Flower Power !  Un des  slogans utilisé par les hippies en 60 et  70.  Le F. P est arrivé avec le  Summer of Love de 1967, un rassemblement à San Francisco durant lequel les hippies avaient pour consigne de porter des fleurs dans les cheveux et de les distribuer autour d'eux. Ils devinrent alors les « Flower Child » (« enfants de la fleur ») pour les médias.

abeille sur serpolet

Puis l’ère du « peace and love »   a pris le dessus dans les manifestations où les actes comme offrir une fleur à un agent de police, prirent assez vite le chemin du marketing, notamment celui pour des technologies : Apple iMac G3 nommé « Flower Power » en raison de son boîtier blanc à fleurs colorées.

L’abeille succombe aussi au marketing mais sans le savoir. Tel un consommateur qui doit nourrir sa famille de 60000 frères et sœurs, dès que la chaleur s’installe avec 26 à 36 degrés la journée et 16 la nuit, les butineuses se ruent vers le supermarché de fleurs le plus proche où le nectar abonde.

 fleurs des champs

L’abeille est attirée par les fleurs et ne peut résister à certaines. La colonie d’abeille détermine ses choix en fonction des besoins nécessaire à la survie de la ruche voire de l’espèce. Dès les toutes premières senteurs, les alvéoles sont préparées pour la récolte.

 Pourquoi vont-elles butiner sur le pissenlit, le merisier, la ronce ou  le châtaignier alors qu’à coté, elles pourraient se poser sur le trèfle blanc ou le tilleul ? Une sorte de manipulation olfactive s’opère. Le pouvoir des fleurs vient certes de leur beauté ou de leur étrangeté en matière de formes mais, essentiellement du flux ensorceleur qu'elles diffusent dans l’unique but de se reproduire.

le chataignier, le roi de la foretchataignier en fleurs

 

 

 

 

 

 

 

 

                  

              

Le roi des arbres, le châtaignier en fleurs au parfum enivrant.

 

Le caractère immobile de la fleur a développé avec ingéniosité des parfums, des effluves, plus ou moins intenses afin d'attirer les pollinisateurs. Certaines molécules odorantes peuvent être détectés par les abeilles à plusieurs kilomètres à la ronde. De nombreux insectes polinisateurs sont aussi receptifs. Les abeilles en éclaireuses mémorisent  les lieux, puis, apportent à la colonie et à sa reine une gamme d'échantillons des nectars potentiels. Arrive le moment de la dégustation. Un ou plusieurs choix sont faits en fonction des ressources et de la morphologie des races d'abeilles. En effet, certaines abeilles ont une langue plus longue et peuvent accéder au nectar des fleurs plus "profondes" (abeille italienne sur l'accacia). Le balais des butineuses commence du lever au coucher du soleil. Mes ruches les plus dynamiques sont orientées soleil couchant. Elles emmagasinent un tiers de provisions de plus.

 

Chatons de chataignierAbeille noire sur fleur de ronce

D’autre part, ici, j’ai remarqué que si la récolte des nectars arrive lors une année sans variation climatique majeure, le choix des abeilles est concentré sur le nectar le plus abondant et  le proche des ruches. Cela donne sur le plan des saveurs un miel assez typé avec l’arome exclusif de la fleur butinée.   

 

Des années difficiles comme 2016 (la pluie continue au printemps),  je pense aussi comme 2017 (un début de printemps radieux puis des gelées inattendues qui ont détruit les fleurs  et actuellement une canicule, puis des pluies orageuses) offrent une palette aromatique très riche. Pour pallier au manque de fleurs, les colonies d’abeilles font plus de sélections et de kilomètres afin de rechercher d’autres sources de nectars.

la foudre qui tombe dans le boisOrage arrivant dans la vallée à coté du rucher

yen

Ma première récolte 2017 confirme cette hypothèse avec la présence de 3 miels différents sur les couleurs et les saveurs, du plus fleuri (pissenlit) au plus complexe (chêne, hêtre, merisier et un peu de ronce).

 

 

rayon de miel de pissenlitPetite

Depuis 9 ans que je récolte le miel au même endroit, les parfums du printemps sont différents chaque année. En photo, l'extraction du miel de pissenlit. Le pissenlit (Taraxacum) est une plante commune connue de tous. Son miel l’est beaucoup moins et il ne laisse pas indifférents ceux qui le connaissent. La plante, très nectarifère, est visitée tant pour le miel que pour le pollen mais, durant sa floraison surtout printanière, cette plante est souvent en compétition avec d’autres espèces plus nombreuses ou plus nectarifères, ce qui fait que dans bien des cas le pissenlit est délaissé. C’est une des raisons pour laquelle les miels monofloraux de pissenlit sont, en pratique, souvent des miels de montagne.

miel de pissenlit

Le rucher n’est qu’à 13km de la moyenne montagne limousine. Produit par des apiculteurs avertis, ce miel rare est l'un des plus originaux. Il a une couleur jaune vif ambrée, un parfum fleuri et un gout printanier puissant. Il reste liquide jusqu’à une cristallisation fine. Il est très minéralisé et a de grandes qualités durétiques. En bouche, il procure des sensations exceptionnelles de nature et de printemps.